4. Le styliste
Autodidacte, Camilo ne cesse de lire ses classiques, même les plus oubliés, et de fouiller dans les dictionnaires, même les plus anciens. Il a le goût des vieux livres, aime à déterrer termes désuets, idiotismes et tournures rares. Au contact du peuple, il apprit son langage et, en province, celui de la campagne. À Porto et à Coïmbre, dans les facultés et dans les cafés, il fit sienne la langue estudiantine et argotique. Il était amoureux des mots, connaissait le nom précis des accessoires du vêtement, moderne ou démodé, de toutes les pièces d'un fusil, ou même d'une arquebuse. Il adopte des archaïsmes suggestifs, ne recule pas devant un terme vulgaire, forge des néologismes audacieux, mais conformes à l'esprit de la langue et au contexte. Aucun écrivain portugais n'eut un vocabulaire plus étendu ni un langage plus succulent. Les défauts mêmes de la langue portugaise, insuffisamment codifiée, très mouvante, susceptible de toutes les alliances, et plus apte en somme à la communication du sentiment qu'à l'explication de la pensée, s'accordaient à merveille avec l'esprit et les tendances stylistiques de Camilo.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



