2. L'homme
L'homme fut injustement critiqué, peut-être parce qu'il paraissait lui-même souvent insensible ; on lui a reproché notamment ses propos cinglants.
Il était, plutôt qu'orgueilleux, conscient de sa valeur – mais on ne saurait lui en faire grief. En fait, il tenait le mot « moi » pour haïssable en matière d'art sous toutes ses formes et, volontairement, il n'aimait guère discuter de ses travaux : preuve de vanité, disaient ses ennemis, et de lui reprocher, à nouveau, son peu d'indulgence envers les autres.
Parmi ceux que Saint-Saëns critiquait, citons d'abord César Franck – pourtant l'un des membres de la Société nationale de musique que Saint-Saëns fonda, avec Romain Bussine, le 25 février 1871 –, qu'il avait naguère aidé et défendu. D'Indy ne lui plaisait guère non plus, peut-être parce qu'il avait horreur de l'esprit de système. Debussy ? Il l'estimait seulement pour ses « jolies mélodies ». Quant à Brahms, il le détestait.
On oublie, à côté de cela, qu'il y avait chez cet homme de la bienveillance et de l'amitié, qu'il donnait à ceux qu'il avait adoptés. Il pleura Bizet sincèrement ; c'est grâce à lui que Gounod arrivera à survivre ; Fauré lui doit toute sa carrière, et combien d'autres...
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