4. Sculpture et autobiographie
À partir de 1886, Camille Claudel travaille à un groupe intitulé Sakountala, inaugurant ainsi une série d'œuvres dont les références littéraires, mythologiques ou symboliques thématisent une sorte d'autobiographie. Ce groupe, qui lui vaut une mention honorable au Salon de 1888, sera exécuté en marbre sous le titre de Vertumne et Pomone (1902) et édité en bronze sous celui d'Abandon (1905). Et lorsque sa créativité sera tarie, Camille Claudel y trouvera, en isolant de celui-ci la figure féminine, la source d'une de ses dernières sculptures, Niobide (1906). On peut lire d'autres œuvres comme autant de chapitres de la vie de l'artiste : La Valse (1889-1893) et le bonheur amoureux ; La Petite Châtelaine (1893) et l'absence d'enfant ; ou L'Implorante (1894) et la crainte de la séparation, qui est un fragment d'un grand groupe, L'Âge mûr (1899). Cette dernière œuvre représente sans doute la séparation des deux artistes, puisque Rodin, qui ne tenait pas à se voir ainsi mis au pilori, semble s'être opposé à la commande du bronze par l'État. Heureusement, un amateur, le capitaine Tissier, commandera une fonte de L'Implorante puis une du groupe tout entier, aujourd'hui au musée d'Orsay.
En 1899, Camille Claudel s'installe au 19 quai Bourbon, et c'est très esseulée qu'elle poursuit son chemin artistique. Sa dernière sculpture d'envergure, en marbre, Persée et la Gorgone (1897-1902), peut également être envisagée comme une réflexion de l'artiste sur son existence. La similitude entre la description que fait Mathias Morhardt du David et Goliath des années 1876-1877 et la construction du Persée est frappante, notamment dans le geste du « géant (ici la Gorgone), qui, de son bras gauche, cherche à protéger encore dans un effort suprême sa tête que le jeune héros a coupée ». Cependant le fait que la tête de Méduse soit un autoportrait sans complaisance accentue la qualité dramatique du groupe, même s'il s'agit d'une reprise d'une œuvre de jeunesse.
Après 1896 ou 1897, on chercherait e […]
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