2. Vie économique
En 1990, le pays est affecté par le niveau toujours très bas du prix de ses principales denrées d'exportation, le cacao et le café, et par les conséquences sociales des mesures d'ajustement économique. La paralysie du système bancaire et la mise en sommeil des entreprises étrangères, condamnées par les impayés de l'État, ne laissent guère de champ pour une reprise de l'activité. Les relations avec le F.M.I. et la Banque mondiale sont suspendues, Yaoundé ne parvenant pas à se conformer à ses obligations, notamment au sujet de l'équilibre budgétaire. La hausse du prix du pétrole permet finalement au pays de raffermir sa position.
En 1993, les relations de Yaoundé avec les institutions financières internationales se dégradent. En mars, la Banque mondiale suspend ses concours, en raison des retards de paiement du Cameroun. Paris accorde une nouvelle aide financière afin de permettre au pays d'honorer ses engagements. Le F.M.I. renonce à l'octroi d'un crédit stand-by après avoir constaté le manque de progrès dans les réformes annoncées par le gouvernement. Le budget voté le 29 juin, qui sacrifie les secteurs capables de stimuler les investissements, n'est pas de nature à remédier à la situation.
Le 11 janvier 1994, sous la pression de la France et du F.M.I., les dirigeants des quatorze États africains appartenant à la zone franc (Bénin, Burkina, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée équatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo), réunis à Dakar, annoncent la dévaluation de 50 p. 100 du franc CFA et de 33,3 p. 100 du franc comorien. Destinée à assainir l'économie et à relancer la croissance dans ces pays, cette décision a été rendue nécessaire par l'absence de politique d'ajustement interne de leur part après l'effondrement des cours des matières premières. Paris promet de participer à l'allègement de la dette, au financement des programmes conclus avec le F.M.I. et à l'« accompagnement de l'ajustement » dans les pays de la zone.
Mais le plan d'ajustement structurel adop […]
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