3. Les camées modernes
• Au Moyen Âge
La chute de l'Empire romain a marqué la décadence de la glyptique en Occident ; dès la fin du ive siècle, on ne gravait plus de sardonyx à couches multicolores. Un art d'exécution facile apparut qui répondait aux mêmes usages décoratifs, ce fut celui de la gravure sur verre, qui a été particulièrement florissante sur les bords du Rhin. Les artistes de l'époque franque gravaient, en creux ou en relief, sur verre moulé, clair ou opaque, des figures, des scènes païennes ou chrétiennes. Au ixe siècle, sous les successeurs de Charlemagne, il y eut une renaissance de la glyptique qui intéressa uniquement l'art de la gravure en creux sur cristal de roche ; aux xiiie et xive siècles, les inventaires des joyaux, notamment celui de Jean duc de Berry, énumèrent des camées à sujets chrétiens, tels que : « l'Annonciation, Nostre Dame, l'Ymage de Nostre Dame tenant son enfant, etc. ». Ce fut au xve siècle que des camées furent gravés sur coquille.
L'exemple des empereurs byzantins qui avaient transformé les œuvres païennes de la glyptique en œuvres chrétiennes fut suivi par l'Occident, qui transforma les gemmes antiques en pieux ex-voto, utilisés dans la décoration des croix, des châsses, des reliquaires, des couvertures de manuscrits liturgiques.
Chaque camée devint relique de l'Ancien ou du Nouveau Testament. En même temps, la plupart de ces camées prirent aux xive et xve siècles un caractère magique et surnaturel ; on attribuait aux agates irisées, notamment, une puissance miraculeuse contre les maladies physiques et morales. De là la préoccupation de dépister les faux, faits en pâte de verre, qui étaient dépourvus des dons bénéfiques attribués aux vraies pierres, portées en amulettes.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



