Les tensions entre le Cambodge et la Thaïlande persistent en 2009, les deux pays conservant d'importantes forces militaires à la frontière, près du territoire contesté qui jouxte le temple de Preah Vihear. Les négociations diplomatiques sont rompues en début d'année ; les brèves hostilités déclenchées en avril font au moins un mort parmi les soldats thaïlandais (les Cambodgiens prétendent en avoir tué quatre) et plusieurs blessés des deux côtés. De nouvelles tensions surgissent en juillet, les troupes stationnées dans la zone du contentieux étant renforcées à l'approche du premier anniversaire de l'inscription par l'U.N.E.S.C.O. de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité. Au même moment, cette organisation des Nations unies ignore la requête de la Thaïlande, laquelle souhaite l'annulation de l'inscription ou l'administration conjointe du site par les deux pays ; les autorités cambodgiennes proclament qu'il s'agit là d'une grande victoire. Le gouvernement demande aux écoles et aux temples de faire sonner leurs cloches pour célébrer cet anniversaire, et un grand concert est organisé. La reprise des négociations permet le retrait d'une partie des troupes en août et laisse entrevoir la possibilité d'une résolution du conflit.
Le Cambodge retient l'attention de la communauté internationale avec le premier procès du Tribunal spécial pour les Khmers rouges (officiellement dénommé Chambres extraordinaires au sein des Tribunaux cambodgiens, C.E.T.C.), qui débute le 17 février. Kaing Guek Eav, dit « Douch », dirigeait le centre de détention et de torture de Tuol Sleng (appelé également S-21) sous le régime de Pol Pot, de 1975 à 1979, et serait responsable de la mort de douze mille trois cents personnes. Parmi les témoins appelés à la barre figurent des spécialistes de la période, des membres du personnel du centre S-21 ainsi que les quelques survivants. Dès le début du procès, Douch admet sa responsabilité dans les crimes dont il est accusé. Les séances du tribunal sont retransmises à la télévision, mais les observateurs déplorent […]
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