5. Califat fatimide et omeyyade de Cordoue
La propagande alide n'avait pas désemparé : les tenants de ce mouvement avaient toujours considéré que l'imamat appartenait à la descendance du calife Ali. Au xe siècle, les descendants d'Ali s'étalaient au grand jour et réussissaient à fonder en Afrique du Nord un nouveau califat, plus justement un anticalifat, qui très vite prendra pied en Égypte, où il fondera Le Caire. En dehors de l'Égypte et d'une grande partie de la Syrie, les Fatimides n'eurent aucune autorité réelle, mais il était grave pour la communauté sunnite, dont le chef s'affaiblissait d'année en année, que la souveraineté shī'ite fût reconnue en Syrie, en Arabie, avec les villes saintes, et en haute Mésopotamie. Enfin, durant douze mois, le calife abbasside dut quitter Bagdad, administrée par un officier partisan des Fatimides.
De son côté, l'émir omeyyade de Cordoue, préoccupé de la décadence du califat abbasside et de l'essor inquiétant du califat fatimide, se proclama émir des croyants. Il l'annonça par un manifeste en l'année 929 : ce califat andalou durera jusqu'en 1031.
On revient ainsi trois siècles en arrière, avec les trois grandes familles de l'Islam : les Omeyyades, les Alides-Fatimides et les Abbassides, ces derniers étant au xe siècle les moins influents.
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