3. Le califat abbasside (750-847)
C'est en Iran, dans la province du Khorassan, que naquit un complot anti-omeyyade, hostile aux Arabes. Un descendant d'un oncle paternel de Mahomet sut profiter de cette conjuration, et ce fut l'avènement de la dynastie abbasside, qui, abandonnant la Syrie, se fixa en Mésopotamie, où elle fonda une capitale, Bagdad (765). Cet établissement sur les rives du Tigre vouait la centralisation de l'empire à un échec complet, en tout cas en Occident, où se manifestèrent les premières dissidences. L'Espagne avait accueilli un rejeton de la famille omeyyade, qui fonda l'émirat de Cordoue : le prestige califien restait en effet très grand et à la prière du vendredi on promettait allégeance au calife abbasside, sans toutefois mentionner son nom personnel. Mais déjà, en pays berbère, étaient apparues des dynasties shī'ites ou hérétiques. Le calife Harun al-Rashid (786-809), percevant le danger, avait accordé au gouverneur de la Tunisie actuelle les pleins pouvoirs et les privilèges de la succession héréditaire. Telle fut la plus ancienne reconnaissance du morcellement territorial.
Dès lors, le calife abbasside passe peu à peu du rang de chef actif de tous les croyants à celui d'un pontife suprême : sa fonction devient insensiblement celle d'un monarque de droit divin. En tout cas, la titulature est explicite : elle ajoute à l'ancien protocole le titre d'imam, c'est-à-dire de chef suprême de la prière, et un surnom en Allah – appelé fort justement le surnom imamien, puisqu'il s'agit en fait d'un adjectif mis en apposition au titre imam, par exemple Mu'tasim billah (833-841).
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