2. Le califat omeyyade (661-750)
Le dernier de ces califes légitimes, Ali, cousin et gendre de Mahomet, vit s'insurger contre lui son préfet de Syrie, Mo'awiya, lequel, après un arbitrage suspect, fut proclamé calife, dignité qu'il conserva à la suite de l'assassinat d'Ali. Damas devenait la capitale de l'empire naissant. Tels furent les débuts de la nouvelle dynastie, celle des Omeyyades, du nom d'Omeyya, arrière-grand-père du monarque. Le premier soin de Mo'awiya fut d'instaurer définitivement, mais non sans difficultés, le principe de la succession héréditaire. On doit à cette famille, qui conserva le trône pendant près d'un siècle, l'organisation du nouvel État, dont l'extension territoriale fut alors prodigieuse : on vit dans le même temps les cavaliers arabes non loin des rives de la Loire et sur les bords de l'Oxus et de l'Indus.
Le calife omeyyade est par un certain côté un chef bédouin et, de plus, il administre des régions dont les populations ne sont ni arabes ni musulmanes. Le protocole des califes omeyyades, emprunté à la titulature du second calife de Médine, Omar, est simple et précis : le calife est « l'esclave de Dieu et le chef militaire (émir) des croyants ». Le nom et les titres du calife sont proclamés chaque vendredi à la prière publique.
Ces souverains sont en partie responsables des rapides progrès de l'islamisation. Cette réussite extraordinaire même va faire crouler l'édifice : les convertis n'ont pas perdu le souvenir de leur race ni les traditions de leur patrie d'origine. En ce milieu du viiie siècle se manifestent les diversités ethniques qui contribuent à rompre l'unité islamique.
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