2. Chaux vive ; chaux éteinte
Par calcination du nitrate, du carbonate ou d'un sel organique, ou par oxydation du métal, se forme l'oxyde, ou chaux vive. La chaleur de formation à partir des éléments s'élève à − 636 kJ/mol : cette valeur est une des plus élevées parmi celles de tous les oxydes connus ; aussi la chaux sera-t-elle un composé très difficile à réduire ; elle ne fond qu'à 2 575 0C, ce qui permet de l'utiliser comme revêtement réfractaire. Chauffée en flamme oxydante, elle émet une lumière très blanche autrefois utilisée pour éclairer les scènes de théâtre (lime light, lumière de la chaux). Comme tous les oxydes alcalino-terreux, la chaux cristallise dans un système du type chlorure de sodium, mais, contrairement à eux, elle n'absorbe pas d'oxygène pour constituer un peroxyde. La chaux absorbe facilement et réversiblement l'eau et le gaz carbonique tant qu'elle n'a pas été trop calcinée ; ces deux réactions sont à la base de la prise des mortiers constitués de chaux, de sable et d'eau ; la chaux s'hydrate, puis se carbonate, à l'air, l'ensemble donnant une masse dure dont le volume s'accroît lors de la prise, contribuant ainsi à la solidité des scellements.
La chaux éteinte est une bibase forte qui déplace l'ammoniac de ses sels. Par chauffage, elle se déshydrate au-delà de 300 0C. On utilise des solutions saturées de chaux ou eau de chaux, au laboratoire, pour caractériser l'anhydride carbonique qui provoque un précipité de carbonate ; un excès de gaz carbonique redissout le précipité, le calcium passant à l'état d'hydrogénocarbonate soluble. Ce phénomène intervient de façon déterminante dans la dissolution des roches calcaires par les eaux chargées en dioxyde de carbone.
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