7. Les problèmes extérieurs
La politique extérieure se solda, en revanche, par de graves échecs, et Auguste donna à son successeur le conseil de renoncer à toute action de conquête. Seules, les opérations de pacification réussirent pleinement. Le nord-ouest de l'Espagne, les Alpes, jusqu'alors insoumises, furent pacifiés (28-25). En 16 avant J.-C., Auguste confia à ses beaux-fils, Drusus et Tibère, une campagne sur les Alpes qui aboutit à la création des provinces de Rhétie et de Vindélicie. Toutefois, sur le Rhin et sur le Danube, les difficultés furent beaucoup plus éprouvantes. Selon les notions géographiques du temps, Auguste voulait conquérir la lisière nord du monde habité. En 12 avant J.-C., Drusus lança une grande offensive par mer et par terre en Germanie, et parvint en 9 avant J.-C. jusqu'à l'Elbe. Puis Tibère, en 5 après J.-C., reprit ces opérations : la Germanie semblait conquise jusqu'à l'Elbe, mais le passage du Nord-Est n'avait pas été découvert. En 6 après J.-C., l'offensive allait reprendre en Germanie, lorsque la grande insurrection d'Illyrie en détourna Tibère pendant trois ans et, en l'an 9, Quinctilius Varus perdit ses trois légions dans la forêt de Teutberg – désastre dont la politique germanique de l'Empire ne se remit jamais. En Orient, Auguste hérita de la politique des protectorats inaugurée par Antoine, mais il ne reprit pas à son compte les projets dangereux de guerre contre les Parthes, que César avait caressés, et c'est par la diplomatie qu'il obtint en 19 le retour des enseignes de Crassus. En fait, le grand apport de son règne est l'annexion de l'Égypte, qui, d'ailleurs, est une sorte de domaine privé du prince, héritier direct des Ptolémées, administré par un préfet de rang équestre. Tout bien considéré, ce fut une politique extérieure majestueuse, mais prudente et peu agressive.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



