6. La politique d'Auguste
L'idée centrale du règne est la nécessité d'une remise en ordre, dans tous les domaines, avec une volonté très nette de conservatisme social. Auguste restaura le prestige du Sénat, en épurant plusieurs fois l'Assemblée, en donnant parfois de l'argent aux sénateurs. Le cens minimal fut fixé à 1 000 000 ou 1 200 000 sesterces. C'est, comme il est normal, parmi les sénateurs que l'empereur choisit ses légats dans ses provinces, les membres de son conseil... Auguste restaura aussi l'ordre équestre, en l'épurant, en remettant en vigueur de vieilles cérémonies : pour avoir le titre de chevalier, il fallait un cens minimal de 400 000 sesterces, mais – comme au temps de la République – l'octroi officiel du titre de chevalier était nécessaire. Les deux ordres réunis (pas plus de 10 000 familles peut-être) sont étroitement associés au règne, dans l'optique du consensus.
L'Italie est aussi l'objet de tous ses soins et d'un certain nombre de privilèges, ainsi que les colonies dans les provinces. Auguste fut très avare du droit de cité, restreignit l'octroi de l'affranchissement, s'efforça de diminuer les distributions de blé et d'huile à la plèbe. Il voulait un monde fortement hiérarchisé, ses préférences allant au milieu des grandes familles municipales, ou aux dynastes hellénisés d'Orient ; sa politique est une politique de classe, en faveur des riches. Mais, en même temps, il entend lutter contre la liberté des mœurs et la décadence de ces mêmes milieux, et édicte, à partir de 19, toute une série de lois morales sur le mariage, sur l'adultère, sur l'obligation d'avoir des enfants. Il se peut aussi qu'il ait été constamment frappé par le manque d'hommes capables et compétents dont Rome pouvait disposer.
L'armée et les finances sont aussi organisées par lui sur des bases nouvelles. Il stabilise les effectifs autour de 25 légions, composées de citoyens engagés volontaires en principe, qui servent d'abord seize, puis vingt ans. Les chevaliers et les sénateurs […]
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