5. L'évolution du régime
Soumis en principe à la règle du renouvellement décennal, ce régime subit aussi, durant la longue durée du règne, des changements qui n'en modifièrent pas les fondements, mais furent destinés à faciliter certaines choses. La principale de ces modifications eut lieu en 23, à la suite d'événements assez graves : procès d'un gouverneur de province, complot où était compromis le collègue d'Auguste au consulat, maladie du prince. Ce dernier se démit du consulat (qu'il ne devait désormais revêtir à nouveau que deux fois, brièvement, pour présenter au peuple ses petits-fils et héritiers), il remit les comptes de l'Empire au nouveau consul, et désigna sans doute Agrippa comme son héritier. Mais, d'un autre côté, ayant ainsi apparemment rétabli à Rome même la constitution sénatoriale, il se fait donner la puissance tribunicienne entière qui va lui permettre d'agir directement avec le peuple, et, en particulier, de proposer des lois. Ainsi semble restauré, à Rome et en Italie, un régime tout à fait indépendant du prince ; de fait, il y aura comme une renaissance de l'agitation politique autour des élections, si bien qu'à plusieurs reprises le peuple ou le Sénat voulurent offrir à Auguste la dictature ; peut-être était-ce là son vœu secret : il apparaissait à la fois comme indispensable et comme modéré. Ainsi, à partir de 23, Auguste n'est plus magistrat : il a des puissances ou des pouvoirs de magistrat, mais il n'est plus inséré dans les magistratures officielles. Après lui, tous les empereurs dateront leur règne par les années de leur puissance tribunicienne.
En bien d'autres occasions, profitant des circonstances ou s'y soumettant, Auguste recueillit encore des pouvoirs particuliers : pouvoirs censoriaux, soin de mettre à jour la liste du Sénat, cura morum. Il refusa obstinément la dictature, la censure, le consulat en eux-mêmes, mais accepta pour un temps une partie des pouvoirs que ces magistratures impliquaient.
En fait, tous ces pouvoirs se chevauchent sans c […]
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