4. Les pouvoirs d'Auguste
D'abord, le prince est imperator ; il l'est en quelque sorte par droit d'héritage, parce qu'il est fils de César, et il porte ce titre comme un prénom qui fait partie de son état civil (depuis 29 av. J.-C.). Mais il l'est aussi parce qu'il a reçu, en 28 sans doute, un imperium total sur toutes les armées romaines (comme il l'avait, en 32, sur celles de l'Occident). Il joint donc au pouvoir consulaire (purement civil depuis Sylla) un imperium militaire, qu'il garde en permanence. Le droit de commandement sur les troupes, où qu'elles se trouvent, sera une des marques essentielles du régime impérial. Ce pouvoir lui a été sans doute dévolu par une loi, une lex de imperio, qui, renouvelée plus tard, sera la véritable charte d'investiture de l'Empire. Il s'agit donc, avant tout, d'un pouvoir militaire.
En outre, Auguste est aussi consul (il le restera sans interruption jusqu'en 23, année où le régime subit d'importantes modifications). Cette magistrature lui permet d'exercer une sorte de présidence de la République assez souple sur Rome, l'Italie, et sur les autres magistrats, avec droit de regard éventuel sur les provinces proconsulaires. Exerçant le consulat de façon continue, il a donc, en fait, le pas sur son collègue, et il est une sorte de « premier consul ». Ce « principat consulaire », qui semble sauvegarder la légalité républicaine, coïncide en réalité avec une période autoritaire du régime.
Il est également, on l'a dit, proconsul de toutes les provinces importantes du point de vue militaire, pendant une période de dix ans. Il se peut qu'il n'y ait pas eu de coïncidence chronologique entre les deux délégations de pouvoir : celle, générale, de l'imperium consulaire, dévolue en 28 et renouvelable en 18 ; celle, particulière, de l'imperium proconsulaire sur certaines provinces, renouvelable en 17, mais renouvelée en fait, par anticipation, en 18. On voit donc qu'Auguste joue sur les mots lorsqu'il déclare dans son testament qu'il n'a pas eu de « pouvoirs » supérie […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



