3. Le principat
À coup sûr, Octave désirait conserver ce pouvoir. Mais l'exemple de César et de Sylla l'obsède ; il sait que la monarchie est insupportable à Rome et que, comme César, il risque de rencontrer des assassins ; d'autre part, il veut éviter de se démettre, comme Sylla. Il lui faut donc non seulement se faire accepter, mais se faire désirer. Or, en 28-27, l'opinion est unanime : elle réclame un régime qui mette fin aux guerres civiles et aux pouvoirs d'exception. Antoine et Octave, chacun de son côté, l'avaient promis. C'est pourquoi, durant l'année 28, Octave, ses conseillers, son parti cherchent fiévreusement le meilleur moyen de concilier leurs ambitions et le possible ; Agrippa, Octave et Mécène auraient, selon Dion Cassius (liv. LII), débattu des avantages respectifs du retour à la république ou à la monarchie. Cela n'a rien d'invraisemblable. Finalement, un scénario est mis au point, qui aboutit, au début de 27, à la fondation d'un nouveau régime, auquel on veut donner toute la solennité possible.
Octave César commença par déclarer par un édit que l'ère des guerres civiles et des mesures exceptionnelles prendrait fin avec l'année 28 ; du même coup, il abdiquerait tous les pouvoirs successifs et extraordinaires qu'il détenait : pouvoirs constituants du triumvirat, commandement suprême, tutelle générale sur la République (à l'exception du consulat). Et, sa mission accomplie – la fin des guerres civiles, la paix –, il remettrait les pouvoirs à leurs détenteurs légitimes, le Sénat et le peuple. Mais, en vertu même de ses pouvoirs constituants, il devait faire quelque chose de plus : proposer un nouvel ordre des choses, une nouvelle constitution, qui permît à Rome de repartir sur des bases entièrement nouvelles, de « renaître » en somme. Tout cela fut réalisé lors de deux séances du Sénat, en janvier 27.
Il est très difficile d'analyser ce nouveau régime – le principat – car il est foncièrement ambigu et hypocrite ; on peut n'y voir, avec Tacite, qu'une monarc […]
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