2. Le triumvirat et la guerre civile
À la mort de César, le jeune Octave décide, malgré les conseils de sa mère et de son beau-père, de revendiquer le dangereux héritage, et surtout de faire valider officiellement l'adoption qui, le faisant le véritable fils de César, lui permettra de recueillir un jour ses clientèles. Ce projet se heurte naturellement aux ambitions de l'homme qui, dans les mois qui suivent les ides de mars, s'est imposé comme le maître à Rome, Antoine. Ce dernier gérait normalement le consulat, et avait réussi fort habilement à discréditer et à éloigner les « tyrannoctones ». Appuyé sur l'armée et les vétérans, il se posait en héritier politique de César, faisant en particulier voter une série de lois assez démagogiques dont les projets avaient été trouvés dans les notes de César, qu'il avait en sa possession. Le jeune Octave et Antoine ont des entrevues orageuses ; ce dernier fait traîner le vote de la loi qui validera l'adoption. Octave travaille l'opinion en présidant (avec Matius, ami intime de César) les jeux en l'honneur de la victoire de César. À ce moment, la situation politique, à Rome et en Italie, se précise : le parti sénatorial retrouve un chef avec Cicéron, et Antoine, voyant venir la fin de son consulat, prétend échanger sa province de Macédoine contre la Cisalpine, que le proconsul Decimus Brutus, un des meurtriers de César, refuse de lui céder. Octave, alors, aidé par les anciens collaborateurs directs de son père adoptif, joue sa chance, et, à titre entièrement privé, lève une armée parmi les vétérans, et part rejoindre Brutus en Cisalpine.
La guerre civile éclate à nouveau entre Antoine d'une part, Brutus, Octave et les armées consulaires de l'autre (guerre de Modène : victoire sur Antoine, le 27 avr. 43). Depuis le 7 janvier, sur proposition de Cicéron, le Sénat a validé rétrospectivement l'initiative d'Octave, lui a donné un imperium proprétorien. Il reçoit aussi le droit de briguer directement la préture et de prendre la parole au […]
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