Fils d'un pasteur anglican, Samuel Butler grandit dans un milieu familial bourgeois et moralisant, « victorien » en un mot. Si ses études, au sortir de Cambridge devaient normalement le conduire à une carrière ecclésiastique, sa foi ne résista pas à l'épreuve de l'expérience. Il émigra alors en Nouvelle-Zélande où il vécut pendant quatre ans en élevant des moutons. Il rentra en Angleterre presque riche, en 1864. Mais la faillite de certaines entreprises canadiennes le laissa à peu près ruiné. La mort de son père, en 1886, le libéra enfin de ses soucis financiers. Cependant il n'avait cessé d'écrire. Il accumulait des milliers de notes qui fournissent de lui aujourd'hui le meilleur portrait intellectuel.
L'œuvre de ce touche-à-tout des lettres, de la science et des arts, qui, par certaines de ses révoltes contre « l'établissement » moral et social, fait figure de grand précurseur, comprend une vingtaine de volumes dont on ne citera ici que les principaux : deux récits « utopiques » nourris d'amusants paradoxes, Erewhon(1872) et Retour à Erewhon (1901) ; quatre ouvrages sur l'évolution biologique, où s'affirment ses conceptions vitalistes, dont La Vie […]
