« Du mécanique, plaqué sur du vivant » : cette célèbre définition du rire par Bergson, qui pourrait mieux l'illustrer que Buster Keaton, « l'homme qui ne riait jamais » ?
Le « mécanique » fonde tous les gags de Keaton qui demeure, pour cette raison, le comique de cinéma par excellence, celui qui identifie les lois du rire à celles du « cinématographe » – au sens strict : l'art d'enregistrer le mouvement.
Mais le vivant ? Derrière le masque impassible, où subsiste-t-il, sinon sous les espèces du « sauve qui peut » ? Keaton n'avait ni la mimique, ni la tarte à la crème, ni la larme à l'œil faciles : mais, face aux calamités du monde, victime triomphante ou témoin indifférent – tel ce cameraman qui s'arrête un instant de filmer une rixe pour armer d'un couteau l'un des belligérants –, il représente l'homme et son idée fixe : subsister.E.U.
Né le 4 octobre 1895 dans une petite ville du Kansas, Joseph Frank Keaton ne peut rien savoir évidemment de l'invention qui mûrit et se précise dans l'esprit d'un fabricant lyonnais de plaques photographiques nommé Louis Lumière.
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Autres références
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Filmographie
Principaux films
1923 : The Three Ages
Our Hospitality (Les Lois de l'hospitalité)
1924 : Sherlock Jr, The Navigator (La Croisière du « Navigator »)
1925 : Go West, Seven chances
1926 : The General (Le Mécano de la « General »)
1927 : College
1928 : The Cameraman
1929 : Spite Marriage
1930 : Free and Easy, Dough Boy, Big Shot
1932 : The Passionate Plumber, Speak Easily
1933 : What ! No Beer ? (Le Roi de la bière)
1934 : Le Roi des Champs-Élysées, The Intruder
1939 : Hollywood Cavalcade
1943 : Forever and a Day
1945 : San Diego, I Love You, That Night with You, That's the Spirit
1946 : El Moderno Barba Azul, God's Country
1948 : Un duel à mort
1965 : A Film (d'après Samuel Beckett), The Rail Roader.Apparitions de Buster Keaton1949 : In the Good Old Summertime (R. Z. Leonard)
1950 : Sunset Boulevard (B. Wilder)
1952 : Limelight (C. Chaplin)
1953 : L'Incantevole nemica (Pattes de velours, de C. Gora)
1958 : Le Tour du monde en 80 jours (M. Anderson)
1963 : It's a Mad, Mad, Mad World (S. Kramer)
1965 : Two Marines and a General (L. Scattini)
1966 : A Funny Thing Happened on the Way to the Forum (R. Lester).
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Bibliographie
M. Shérer (pseudonyme : É. Rohmer), « Le cinéma, art de l'espace », in La Revue du cinéma, no 14, juin 1948
A. Martin, « Rendez-nous Keaton », in Les Cahiers du cinéma, no 86, août 1958
B. Keaton & C. Samuels, My Wonderful World of Slapstick, Doubleday, New York, 1960 (Slapstick, trad. M. Lebrun, L'Atalante, Nantes, 1984)
J. P. Lebel, Buster Keaton, Classiques du cinéma, Éditions universitaires, 1964
J. P. Coursodon, Buster Keaton, Seghers, Paris, 1973, rééd. augm. Atlas 1986
R. Benayoun, Le Regard de Buster Keaton, Herscher, Paris, 1982.
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