3. La fin du Chalcolithique et les débuts du Bronze ancien
• Les colonies urukéennes
Dans un autre secteur, c'est l'occupation la plus ancienne du site qui a pu être étudiée. La période concernée est l'objet d'un des débats fondamentaux de l'histoire des civilisations du Proche-Orient. Les fouilles de la vallée de l'Euphrate qui se sont déroulées dans la zone de sauvetage du barrage de Tabqa, au cours des années 1970, ont révélé des établissements presque identiques à ceux que l'on avait retrouvés à Uruk, la grande cité de Mésopotamie du Sud. Dans cette région, à la fin du IVe et au début du IIIe millénaire avant J.-C., s'était développé un type de société jusqu'alors inconnu, que l'on a appelé société « proto-étatique » ou « proto-urbaine ». Pour la première fois, en effet, on se trouvait en présence de vestiges témoignant d'une organisation sociale particulièrement complexe, hiérarchisée, qui avait pour cadre de véritables villes. Cette complexité et cette organisation sociale nouvelle allaient de pair notamment avec l'apparition de l'écriture, de l'administration. La découverte de vestiges identiques dans la vallée de l'Euphrate, mais également en Anatolie, à plus de 2 000 kilomètres de la Mésopotamie du Sud, imposa rapidement l'idée que les Mésopotamiens du Sud avaient établi des colonies. Le débat sur les « colonies urukéennes » était lancé ! Il reste actuel, car le terme de « colonie » fait référence à des mécanismes récents (la période qui s'étend du xve au xxe siècle de notre ère) qu'il est peut-être abusif d'utiliser pour des phénomènes qui ne se sont probablement pas développés de la même façon au Proche-Orient il y a 5 000 ans. Le développement endogène de cultures locales qui n'exclut nullement toutes sortes de contacts n'est pas à rejeter nécessairement. Les niveaux de cette période, mis au jour à Tell Shioukh Faouqāni, sont particulièrement bien conservés et apporteront peut-être des éléments dans ce débat.
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