Le terme espagnol burla désigne aussi bien la moquerie que la tromperie. Sur le plan littéraire, il est employé pour caractériser de façon large toute la matière facétieuse issue de la mise en œuvre de ces deux ressorts, matière longtemps indispensable pour la structuration d'une intrigue, hors des domaines nobles de la comédie héroïque et de la fiction idéaliste. Il s'agit d'un concept clé pour l'analyse de la littérature espagnole de l'époque classique, et cela que l'on s'intéresse au théâtre (comédie d'intrigue, intermèdes), aux récits picaresques ou au Don Quichotte. En raison de la généralité du concept et de la polysémie du terme, la critique spécialisée d'expression française tend à utiliser pour le rendre le terme vieilli de bourle.
Tout comme les gags des récits filmiques, la burla a pour effet de dynamiser les structures narratives dans lesquelles elle s'insère. Des gags elle aurait d'ailleurs aussi le caractère codé et les inépuisables possibilités de renouvellement. La différence, et elle est essentielle, tient au fait que l'univers de la burla est régi par un ensemble de lois qui découlent des théories classiques sur le rire et le di […]
