1. Géographie et économie
Enclavé en zone sahélienne, le territoire du Burkina Faso cumule a priori les handicaps d'une situation en partie héritée de tâtonnements coloniaux : considéré comme peu viable, mais aussi, et surtout, comme un réservoir de main-d'œuvre, il fut intégré de 1932 à 1947 aux colonies voisines de Côte d'Ivoire, du Soudan français (actuel Mali) et du Niger.
C'est un des pays les plus pauvres du monde : le revenu national brut (R.N.B.) par habitant est de 400 dollars U.S. (2005) et peine à se maintenir ; son indicateur de développement humain (0,317) le classe au 175e rang mondial ; on estime que 45 p. 100 de sa population vivent au-dessous du seuil de pauvreté. De façon générale, faute de moyens financiers et de ressources humaines, l'éducation et la santé sont trop peu valorisées : 53 p. 100 des enfants sont scolarisés dans le primaire ; le taux de mortalité infantile est de 93 p. 1000 ; l'espérance de vie à la naissance ne dépasse pas 46 ans (2005).
• Les contraintes de l'enclavement
L'enclavement est le principal des handicaps auquel doit faire face le pays. Très dépendant des ports du golfe de Guinée pour son commerce extérieur, le Burkina Faso, dont le réseau routier bitumé est principalement constitué de routes connectées aux réseaux de ses voisins littoraux, doit sans cesse lutter pour réduire sa dépendance vis-à-vis d'un seul débouché. Depuis septembre 2002, la crise ivoirienne et la fermeture de la route d'Abidjan – ou, quand elle est ouverte, son insécurité et son coût devenu exorbitant – ont douloureusement rappelé cette importante nécessité. Les ports du Ghana, essentiellement Tema, mais aussi le port togolais de Lomé et, dans une moindre mesure, celui de Cotonou (Bénin), sont devenus des partenaires essentiels. L'engorgement de ces derniers, dont la capacité d'accueil cumulée n'atteint pas celle d'Abidjan, l'augmentation des coûts des transports routiers subissant l'augmentation des prix pétroliers et empruntant des routes plus longues et de moins bonne qualité que ne l'était le réseau ivoirien, font peser sur l'économie burkinabè une menace permanente.
Dans le même temps, et à une toute autre échelle, cette réorganisation des routes et des flux pourrait avoir des conséquences sur les dynamiques urbaines du pays : alors que Bobo-Dioulasso (dans le sud-ouest du pays) doit gérer les conséquences de la crise ivoirienne, des villes de l'est du pays, comme Fada N'gourma, espèrent tirer quelque avantage de leur situation d'étape nouvellement valorisée.
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