2. Architecture et décor monumental
Dans l'état actuel des connaissances, on ne saurait parler d'une architecture ou d'un décor monumental spécifiquement burgondes (au sens strict, c'est-à-dire avant la conquête franque, et au sens géographique). En effet, c'est l'art provincial romain qui s'est prolongé dans le royaume burgonde, puis dans la province franque de Burgondie au cours des premiers siècles du Haut Moyen Âge. Les témoins archéologiques mis au jour dans les deux capitales burgondes, Lyon et Genève (le roi résidait dans la première et son héritier dans la seconde), en sont la meilleure illustration. Dans ces métropoles, comme d'ailleurs à Vienne, le cadre topographique hérité de l'Antiquité tardive demeure en place et n'est affecté que par des modifications mineures, consécutives à la multiplication des églises urbaines et suburbaines. Ces sanctuaires chrétiens n'offrent guère de particularismes régionaux, mais reflètent parfaitement l'évolution architecturale et ornementale que connaît alors la Gaule mérovingienne. C'est donc à une tradition antique fort vivace qu'il convient de rapporter ces monuments ainsi que leur décor (chapiteaux et plaques de chancel en pierre et en marbre, mosaïques, fresques), l'influence burgonde ayant pu s'exercer non par un apport artistique direct, mais davantage par l'incitation à la création artistique qu'engendrèrent une cour et une aristocratie puissantes. Mais on est encore mal renseigné sur ce que furent les palais burgondes et les sanctuaires ariens.
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