Capitale du Burundi, Bujumbura, l'ancienne Usumbura, située à l'extrémité nord-est du lac Tanganyika (775 m d'altitude), se trouve en situation excentrée sur le territoire burundais. Les Pères blancs, suivis par les militaires allemands, s'y installent en 1897, près du grand marché de Mukaza. Le site, ouvert sur la plaine de la Ruzizi au nord, se resserre au sud entre le lac et le versant oriental de la dorsale Congo-Nil, traversé par des rivières torrentueuses. Le climat tropical (23 0C), à faible pluviométrie (861 mm), est tempéré par la brise du lac.
Poste militaire et centre commercial pendant la période allemande, la ville devient, sous le mandat belge, le chef-lieu du Ruanda-Urundi et la porte de l'empire colonial belge vers l'océan Indien, via le lac et le chemin de fer tanzanien. Lors de l'accession du Burundi à l'indépendance, en 1962, Bujumbura compte 50 000 habitants, 92 000 en 1971, 157 000 en 1979 et 236 000 en 1990. Cette croissance soutenue est due au fait que Bujumbura est la seule ville importante du pays, vers laquelle affluent tous les migrants. Elle atteint 550 000 habitants en 2006. Le tiers de la superficie de la ville est occupé par l'agriculture vivrière : riz, manioc, bananes et cultures maraîchères.
Les fonctions de capitale se concentrent dans le quartier administratif et commercial du centre-ville, aux larges avenues ombragées, enserré par les quartiers résidentiels, Rohero I et II, qui se prolongent au nord et au sud par de nouveaux quartiers, alors que, à l'est, des villas luxueuses, noyées dans une végétation tropicale, montent à l'assaut du versant. À l'ouest, « le quartier asiatique » se partage entre les échoppes d'artisanat moderne et les bazars pakistanais.
Le long du lac, les activités de loisirs sont limitées par les infrastructures du port, par la pêche – qui est en pleine restructuration –, et par le quartier industriel aux entreprises variées : déparchage du café (action de débarrasser les grains de café de leur enveloppe), huilerie, savonnerie, laiterie, brasserie, textile, plastiques, chimie, constructions métalliques.
Les quartiers populaires sont dispersés au nord et au sud de la ville. Mis à part Ngagara, Kwijabe et Kigobe, de bon standing, construits par l'administration, les quartiers urbanisés ont en commun une forte densité, un plan en grille, des constructions aux murs crépis et aux toits de tôle, une omniprésence du secteur informel, et une voirie médiocre dont l'état est aggravé par le débordement des rivières.
Bujumbura structure tout l'espace national par ses fonctions de commandement politique, administratif, économique, financier, scolaire (université) et sanitaire (les trois plus grands hôpitaux du pays). Grâce à son port (220 000 tonnes de trafic en 2006) et son aéroport international (80 000 passagers), Bujumbura participe au désenclavement du Burundi.
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