5. L'indépendance redoutée
À la suite de ces événements, et jusqu'à la fin des années 1970, le sultan de Brunei se méfiera des intentions de la Malaisie qui offre refuge aux rebelles en exil et de l'Indonésie qui a soutenu Azahari au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. En revanche, il noue avec Singapour, exclu de la Fédération de Malaisie en 1965, les meilleures relations, englobant une coopération militaire.
En 1967, une reprise des revendications en faveur de l'indépendance pousse le sultan à abdiquer en faveur de son fils, Hassanal Bolkiah, qui, à vingt et un ans, vient de terminer ses études à l'académie militaire de Sandhurst. Mais, jusqu'à sa mort, survenue à la fin de 1986, l'ancien sultan conservera une influence décisive. Ce n'est qu'avec beaucoup de réticence, après avoir reçu des assurances de ses voisins malais et indonésien et après avoir obtenu des garanties contre la possibilité d'une nouvelle rébellion (maintien à Brunei d'un régiment de Gurkhas britanniques), que le sultan consent à renoncer en 1979 à la protection britannique et fixe avec Londres l'indépendance du sultanat au 1er janvier 1984.
À peine indépendant, Brunei devient le sixième membre de l'A.N.S.E.A., solide garantie politique vis-à-vis de ses voisins avec qui il entretient désormais d'excellentes relations. Quant à la libéralisation politique tant attendue, elle n'a pas eu lieu. Depuis 1962, l'état d'urgence est en vigueur. La famille royale contrôle le gouvernement : le sultan est Premier ministre et ministre de la Défense, ses frères ont les Affaires étrangères et les Finances. Le remaniement d'octobre 1986 a montré que le sultan entendait par ailleurs faire davantage appel à des technocrates. En revanche, le Parti national démocratique de Brunei, dont la création avait été autorisée en 1985, a été interdit en 1988, sans doute pour avoir réclamé la fin de l'état d'urgence, des élections et une répartition plus équilibrée des revenus pétroliers. Pas de partis politiques donc, mais le […]
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