En avril 1990, le sultan Hassanal Bolkiah réagit fermement à l'envoi, par le Parti du peuple de Brunei (parti interdit, en exil à Kuala Lumpur), d'une lettre réclamant l'instauration de la démocratie dans le sultanat aux gouvernements malais, singapourien et indonésien. Quelques mois plus tôt, il avait pourtant accepté de recevoir à Bandar Seri Begawan les doléances de ses sujets, pourvu qu'elles ne remissent pas en cause l'ordre monarchique. En 1990, une vaste campagne d'endoctrinement est lancée sur le triple thème « identité malaise, islam et monarchie », credo que le sultan réaffirme lors du vingt-cinquième anniversaire de son accession au trône en octobre 1992.
L'économie du pays est très dépendante des ressources pétrolières, à la base de la prodigieuse fortune de l'État et du sultan (le revenu annuel par habitant est un des plus élevés du monde). Le VIe plan (1991-1996) entend mettre l'accent sur la diversification de l'économie ; essentiellement, il redistribue la manne pétrolière par le biais de vastes projets d'infrastructures.
En 1991, le Brunei prend livraison du matériel militaire qu'il a acheté au Royaume-Uni en 1989. En juillet, il annonce qu'il accorde quelques escales par an aux navires de guerre américains, mais n'accepte pas encore de bases permanentes. À la fin de l'année, le Brunei noue des contacts avec la Chine, et, en février 1992, il établit des relations diplomatiques avec le Vietnam. En septembre, le Brunei assiste au sommet des Non-Alignés à Djakarta. En décembre 1993, il devient membre du G.A.T.T.
En juillet et août 1995, le sultanat accueille le sommet de l'A.S.E.A.N. En octobre, autre signe d'ouverture vers l'extérieur, Brunei est admis au F.M.I. et à la Banque mondiale dont il attend des conseils en vue de diversifier son économie. Celle-ci continue de dépendre exclusivement de la production d'hydrocarbures et des revenus des placements à l'étranger. Le gouvernement poursuit ses grands travaux d'infrastructure, sans apport de capitaux étrangers.
Le 15 juillet 199 […]
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