3. Décadence
Le Zwin s'était ensablé au cours du xve siècle, à la suite d'une malencontreuse spéculation foncière des abbayes et des riches marchands. Un rapport officiel de 1470 témoigne de cette catastrophe écologique : « Ils ont trouve vray semblement le dit empirement estre advenu a loccasion de ce que plusieurs poldres et scors gisant au long de la mer [...] entre nostre ville de Lecluse et nostre ville de Dam, avoient este dicquiez et gaignez sur la mer ; par le moyen et occasion des quelz dicquaiges le cours de leau a ete diverty de son anchien cours, telement que celle qui souloit entrer et yssir par ledit port, a prins ailleurs son cours et sa retraicte... » Après le soulèvement de Bruges contre Maximilien d'Autriche, au cours duquel le prince de Habsbourg fut incarcéré à Bruges même en 1484, celle-ci perdit ses privilèges au profit d'Anvers. Les commerçants étrangers la quittèrent. La ville qui, au faîte de sa puissance, comptait 35 000 habitants, entra en décadence. Elle ne prit partie ni à l'essor du capitalisme commercial du xvie siècle ni à l'industrialisation du xixe siècle. Tenue ainsi à l'écart du « progrès » industriel aux xixe et xxe siècles, elle fut surnommée « Bruges la morte » (Georges Rodenbach), ce qui, paradoxalement, lui assura par la suite sa renaissance touristique.
• Une grande richesse artistique
Bruges possède un vaste patrimoine architectural : beffroi et halles (environ 1300), hôtel de ville (1376), greffe civil (1537), palais de justice (1727), hôpital Saint-Jean (salles de malades du xiiie et xive siècle), et les églises Notre-Dame (style gothique scaldéen, xiiie-xve siècle ; avec une Madone de Michel-Ange, les tombeaux de Marie de Bourgogne et de Charles le Téméraire), la cathédrale Saint-Sauveur (xive siècle), Sainte-Anne (xiie siècle), Saint-Walburge (1642, style jésuite), l […]
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