2. Modes de formation et techniques de dissipation
Les conditions de formation des brouillards au sol sont en général différentes de celles auxquelles on doit les formations nuageuses en altitude.
Si l'on excepte la plupart des brouillards de montagne, accrochés au relief, et qui sont en fait de véritables nuages, formés par le refroidissement adiabatique des masses d'air en cours d'ascension, on peut classer les brouillards selon deux processus principaux de formation.
– Les brouillards de rayonnement se produisent lorsque, la nuit, par ciel clair, le sol se refroidit par rayonnement. La température fictive apparente de rayonnement du ciel au zénith, la nuit, en l'absence de nuages, descend en effet entre − 60 et − 100 0C, car l'espace, voisin du zéro absolu, ne peut intervenir dans des échanges radiatifs avec le sol qu'après « filtrage » par les différentes couches de l'atmosphère, où la présence des constituants mineurs – vapeur d'eau, dioxyde de carbone, ozone – introduit dans le domaine infrarouge de très nombreuses et très importantes bandes d'absorption-émission.
En l'absence totale de vent au niveau du sol, ce refroidissement radiatif permet à la végétation d'abaisser sa température au-dessous du point de rosée, ou de givre, selon les saisons. En revanche, une brise légère brasse par mélange les couches d'air froid en contact immédiat avec le sol et refroidit suffisamment les masses d'air voisines pour que les processus de condensation puissent intervenir dans toute la masse. Il est à noter que si la brise s'intensifie, la mince pellicule d'air froid des basses couches ne suffit pas à maintenir les conditions favorables à la condensation dans la nouvelle zone de brassage turbulent qui en résulte.
On a appliqué ces principes dans la lutte contre les gelées de printemps. De puissants ventilateurs permettant un brassage vertical de l'air sont mis en service pour éviter que la végétation n'atteigne le point de givre ; une autre technique consiste à émettre des nuages artificiels forman […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



