4. Les bronzes romains
L'étude des bronzes romains est très en retard par rapport à celle des bronzes grecs et même étrusques. Nos connaissances sont fort inégales selon les régions, à la fois parce que la production a été très variable et parce que la publication du matériel est très inégalement avancée. D'autre part, la carte de cette production se dessine mieux que sa chronologie : la complexité des influences, le retour volontaire à des types anciens, et surtout le poids de la tradition et de la routine dans un artisanat de valeurs très diverses rendent délicate l'application des méthodes de l'analyse stylistique (voir pourtant le catalogue d'Avenches). En outre, peu de statuettes ont été découvertes dans des conditions qui aident à les dater : c'est le cas de quelques trouvailles faites dans les camps de Rhénanie et sur quelques sites d'Italie du Nord. En revanche, on a pu dans plusieurs cas isoler dans un ensemble la production d'un atelier ; par exemple à Straubing, en Bavière, à Brèves (Nièvre), plusieurs fois en Italie du Nord, et c'est dans cette direction, apparemment, qu'on peut attendre les progrès les plus nets.
En Italie, deux régions seulement ont eu une production importante, et aucune n'est réellement étudiée. La première est la Campanie, active au moins jusqu'à la fin du ier siècle de notre ère. Le classement des réserves du musée de Naples devrait permettre d'avoir enfin une vue d'ensemble des découvertes des « villes du Vésuve », bien datées par l'éruption de 79 après J.-C. : repère capital, par rapport à quoi un grand nombre d'autres objets pourront être situés. En même temps, la qualité très médiocre de beaucoup de statuettes de Pompéi et d'Herculanum devrait dissuader d'utiliser trop simplement le critère de la qualité pour distinguer, dans les trouvailles de Gaule par exemple, les importations italiennes des produits locaux. Pour les vases, le rôle des ateliers campaniens est connu depuis longtemps. Mais les découvertes faites dans les provinces montrent aussi que les exportations ca […]
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