4. La littérature bretonne
• Le « vieux breton »
Aucune œuvre littéraire de la période du « vieux breton » (ve-xie s.) n'a été conservée. Pourtant on sait avec précision ce qu'était alors la langue : quantité de noms de lieux ou de personnes et surtout les « gloses » des manuscrits latins des ixe et xe siècles nous fournissent quelques dizaines de phrases, des centaines d'expressions ou groupes de mots et de nombreux mots isolés.
Peu différent du cornique et du gallois parlé en ce temps, le breton de cette époque reculée était un outil plus adapté à la production littéraire que la langue des époques plus tardives, abandonnée peu à peu par les milieux cultivés.
On possède du reste des témoignages précis sur des auteurs et des œuvres dont nous n'avons plus que les noms. Le cartulaire de Quimperlé nous parle de Dunguallun (« cantor »), de Cadiou (« citharista »), de Riuallon (« filius ») an Bard (bard : « poète »). Marie de France, entre autres, nous fait connaître les noms et les thèmes de plusieurs œuvres bretonnes. Les lais bretons surtout étaient appréciés. Ces poèmes chantés accompagnés de musique (cf., en irlandais moderne, laoidh : « poème, chanson ») étaient précédés d'un prologue en prose. Le lai, qui comprenait de 200 à 1 000 vers, était chanté avec accompagnement de harpe et de vielle ou, plus souvent, de harpe et de rote, petit violon à six cordes (gallois crwth, irlandais crott). Poésie et musique formaient un tout indissoluble dans ces compositions. La compétence des anciens Bretons en matière musicale a été confirmée par les découvertes de M. Huglo (Acta musicologica, t. XXXV, 1963 ; compte rendu in Études celtiques, t. XI), qui montrent que la notation musicale bretonne, une des plus anciennes que l'on connaisse, a été en usage du ixe au milieu du xiie siècle.
Les lais racontent en général des histoires d'amour agrémentées d'éléments merveilleux et dramatiques. S'il y a peu de morale, il y a beaucoup de poésie et de psychologie dans […]
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