5. La littérature contemporaine
À partir de 1985, le Brésil assiste au retour à la démocratie, après l'intervention militaire de 1964. La littérature va infléchir ses références littéraires et ses modèles culturels. L'urbanisation, la violence, l'ouverture internationale, déjà à l'œuvre dans la génération antérieure, restent cependant inséparables, sur d'autres registres, de la requête brésilienne. Ainsi João Ubaldo Ribeiro donne avec Viva o povo brasileiro (1984, Vive le peuple brésilien) un roman épique qui apparaît comme la généalogie de trois siècles d'histoire du pays et le symbole du peuple brésilien, élaboré à partir de la matrice bahianaise. Cependant que Antonio Callado, avec A Expediçaõ Montaigne (1982, Expédition Montaigne) et Darcy Ribeiro (Utopia Selvagem [1982, Utopie sauvage]) reprennent le thème indianiste et amazonien. Mais la diversité régionale pèse moins aujourd'hui que l'unification thématique et esthétique.
• Violence et formalisme
La rupture se fait essentiellement par mutation du substrat local en littérature urbaine, dont les références sont les écrivains nord-américains, avec comme points de rencontre la thématique de la violence et la sécheresse du style. Rubem Fonseca s'est imposé comme un maître de cette veine avec Bufo e Spallanzani (1985) et Vastas Emoçoes e sentimentos imperfeitos (Vastes Émotions et pensées imparfaites, 1988). La technique du roman noir et du cinéma ou de la télévision marquent ce courant qui bénéficie d'un engouement considérable, sans que la frontière entre littérature et sous-littérature soit toujours évidente, certains de ces romans paraissant destinés d'emblée à l'adaptation cinématographique. Citons Patricia Melo (née en 1963) avec O Matador (Le Tueur, 1995) ou José Louzeiro (né en 1932) avec Infancia dos Mortos (Pixote, la loi du plus faible, 1977). C'est également dans cette veine urbaine que s'inscrit Chico Buarque (né en 1944), chanteur-compositeur célèbre qui s'est pour sa part essayé au roman avec Estorvo (Embrouille, 1991) et Benjamin (Court-circuit
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