4. Affirmation d'une personnalité culturelle
Parnasse et symbolisme, en 1918, sont des veines épuisées. Les progrès culturels, l'évolution économique et politique, voire ethnique, du pays rendaient une révision indispensable. Le Brésil avait attiré un million d'immigrants depuis 1907, l'économie était prospère.
• Débuts du modernisme
À l'approche du centenaire de l'indépendance nationale, un frémissement de nationalisme et d'optimisme parcourut le pays. L'intelligentsia était décidée à rompre définitivement les liens culturels avec le Portugal et à proclamer son indépendance artistique. São Paulo, centre commercial du pays, proposait dans son « mélange épique » et cosmopolite le modèle de ce que devait être le Brésil de demain, qu'on voyait prêt à assumer son destin historique. Tel fut le climat dans lequel, en 1922, préparée par une bruyante campagne de presse, eut lieu la Semaine d'art moderne qui marque le début du modernisme. « Le Brésil aura une littérature nationale, il doit parvenir, tôt ou tard, à une originalité littéraire. L'inspiration puisée dans des sujets nationaux, le respect de nos traditions et la soumission à la voix de la race accéléreront ce résultat final », écrivait-on. Bref, le modernisme reprenait la tâche que le romantisme s'était assignée et qu'il avait imparfaitement réalisée. On liquidait le romantisme et toutes ses séquelles, tout en se tournant vers la tradition, qui était le legs du romantisme, de sorte que le modernisme est à la fois un aboutissement et un recommencement. On se méfiait du sublime, du patriotisme bourgeois satisfait, on se plongeait dans le quotidien amer que le pittoresque cachait.
Le Brésil cherchait une expression adaptée à la conscience nouvelle qu'il prenait de lui-même. On attendait un Malherbe, il vint. En la personne de Mário de Andrade (1893-1945), musicologue et musicien, folkloriste, historien de l'art, journaliste, romancier, conteur et poète. L'exemple, Paulicéia Desvairada (1922), contenant vingt-deux poèmes et une « préface intéressantissime », précède l'ars poetica attendue, A Escrava que não é Isaura, 1925 (L'Esclave […]
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