2. L'évolution politique
À la nouvelle de la révolution portugaise de 1820, et réclamé par elle, Jean VI s'embarqua pour le Portugal, malgré l'opposition des Brésiliens et leur crainte de voir leur pays redevenir ce qu'il était avant 1808, c'est-à-dire une colonie du Portugal. Avant de partir, le roi aurait dit à son fils : « Pierre, bientôt le Brésil se séparera du Portugal ; s'il en est ainsi, pose la couronne sur ta tête avant qu'un aventurier quelconque ne s'en empare. »
Or l'attitude des Cortes portugaises fut très maladroite à l'égard des députés qui y représentaient le Brésil. Elles voulurent ignorer le gouvernement que Jean VI avait créé à Rio. Elles déclarèrent indépendants les gouvernements provinciaux, abolirent les tribunaux carioques et ordonnèrent au prince Pierre de revenir en Europe pour voyager et parfaire son éducation. Une flotte partait pour le Brésil y chercher le prince.
Le 9 janvier 1822, Pierre répondit à l'envoyé portugais : « Je reste » (Fico). Le Dia do fico marque un nouveau progrès dans la voie de l'indépendance définitive. Les troupes portugaises renoncèrent à s'attaquer au prince. José Bonifacio fut nommé ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères et rétablit l'unité du Brésil, un moment menacée par les Cortes de Lisbonne. Lord Cochrane, qu'il avait engagé comme amiral de la flotte, poursuivit les navires portugais jusqu'à l'embouchure du Tage. Au cours d'une journée enthousiaste sur les bords du rio Ipiranga, dans la région de São Paulo, Pierre reçut des dépêches de Lisbonne annonçant que ses actes avaient été annulés. Il se tourna alors vers ses compagnons et lança un cri célèbre : « L'indépendance ou la mort ! » C'est le grito do Ipiranga, qui marque le triomphe de l'indépendance. Celle-ci ne devait être reconnue par le Portugal qu'en 1826. Entre-temps, une Assemblée constituante qui avait provoqué des troubles fut dissoute ; une commission prépara une charte constitutionnelle, créant un régime parlementaire et sur laquelle le peuple de Rio et le nouvel empereur prêtèrent serment le 25 mars 1824.
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