Le Brésil se caractérise par une « géographie en mouvement », l'expansion agricole y est continue, la population extrêmement mobile, les réseaux urbains en évolution rapide et les quantités produites gigantesques à l'image de ce pays « en voie de développement » dans lequel les chantiers sociaux et économiques représentent un défi amplifié par la taille continentale du pays et le poids démographique de ses 193 millions d'habitants (estimation de 2009). Un espace étiré entre le 50 de latitude nord et le 330 de latitude sud, donc majoritairement tropical et qui couvre, avec 8 547 000 kilomètres carrés, les deux tiers de l'Amérique du Sud. La taille a été justifiée par les géopoliticiens qui utilisaient, dès le xixe siècle, la figure « d'île Brésil », c'est-à-dire d'un espace inclus dans des frontières naturelles établies par la liaison fluviale entre le Guaporé, fleuve amazonien, la cuvette du Pantanal et le Paraguay. Indépendant depuis 1822, après trois siècles de colonisation portugaise, le pays, déjà inscrit dans une enveloppe territoriale de 8 millions de kilomètres carrés, comptait alors 5 millions d'habitants, dont près de la moitié étaient des esclaves noirs et un cinquième des Amérindiens. Depuis cette époque, les Brésiliens vivent avec la perception que leur espace est infini, qu'il y a toujours plus loin une terre à défricher, une mine à exploiter. L'esprit de conquête des pionniers bandeirantes reste manifeste, incarné par une indéniable créativité fondée sur la mobilité et le métissage.
Le grand Brésil, cinquième pays du monde par la taille, se déploie sur une façade atlantique de 8 000 kilomètres d'un littoral battu par les alizés, et ses frontières terrestres ont une extension de 15 700 kilomètres avec dix pays voisins, dont la France, par le département de la Guyane sur 790 kilomètres. Ses sols et sous-sols révèlent de grandes richesses et le pays se trouve aux premiers rangs mondiaux pour une large gamme de produits agricoles, miniers et industriels. C'est une puissance émerg […]
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