Au Brésil, l'industrialisation et la croissance n'ont pas permis de corriger les déséquilibres, d'atténuer de fortes inégalités, ni d'éliminer la misère. Mais il s'agit d'un pays-continent, multiethnique, où les écarts régionaux et sociaux sont inévitables. Un pays qui était, en 2007, la huitième puissance économique mondiale (entre la France et l'Italie), la première en Amérique latine, caractérisé aussi par une vaste classe moyenne à niveau de vie élevé. L'espace et les richesses sont énormes, moins de 10 p. 100 des terres sont cultivées et le mouvement vers l'ouest et le nord d'une population encore concentrée près des côtes se poursuit. Le Mato Grosso dans le sud-amazonien devient la nouvelle frontière agricole et l'eldorado des entrepreneurs. Les villes y poussent à toute allure et des cultures agricoles diverses se développent, faisant du Brésil la ferme de la planète, le deuxième exportateur agricole mondial après les États-Unis.
Le sud-est industrialisé contraste avec le nord démuni et ravagé par les conflits pour la terre. On peut ainsi rappeler le massacre d'avril 1996, où dix-neuf paysans sans terre du M.S.T. (Movimento dos trabalhadores rurais sem terra) ont été tués par la police dans l'État amazonien du Pará. Le M.S.T. est une des principales organisations qui militent pour la réforme agraire.
Les régions du nord-ouest sont encore relativement vides, ce qui n'empêche pas les dégradations écologiques. Les trois quarts des émissions de carbone ont pour origine, au Brésil, la destruction de la forêt amazonienne. Ce pays immense est encore relativement peu peuplé, il compte 190 millions d'habitants en 2007 pour une superficie comparable à celle de la Chine, la densité n'y est que de 20 hab./km2 contre 330 en Inde et 30 aux États-Unis. Le Brésil rappelle dans ses marges la conquête de l'Ouest, bien que les débuts de la colonisation commencent avec la découverte, en 1500.
1. Des cycles à la création d'un marché interne
• La période coloniale
La colonisation portugaise a commencé dans l […]
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