2. Du plan pilote aux villes satellites
La ville de Brasília s'est construite avec un maximum d'équipement (commerces, services, écoles...), pour répondre aux sévères contraintes urbanistiques du plan pilote qui prévoyait une population de 500 000 habitants dans la zone centrale, devant être complétée par des villes satellites. Mais la croissance urbaine a été beaucoup plus rapide que prévu, provoquant une forte spéculation immobilière, et des occupations illégales de terrains. Les programmes pour les lotissements urbains, prévus par la Novacap, ont dû être réajustés tous les dix ans.
Bien qu'envisagé dès le plan d'origine, le développement des villes satellites correspond à des logiques différentes de croissance, d'ajustement et de désengorgement. Les premières villes satellites, tel le campement initial de Brasília, connu sous le nom de Nucleo Bandeirante, ont été créées pour loger les ouvriers des chantiers dès 1956, et ont perduré. D'autres cités de la périphérie ont été construites dans les années suivantes, notamment pour répondre au problème des invasions de terrain menées par des migrants arrivant de toutes les régions du Brésil, attirés par la possibilité de trouver un emploi. Les autorités du district fédéral (unité administrative de Brasília) ont déplacé, souvent par des expulsions manu militari, ces quartiers pauvres et illégaux vers des lotissements planifiés, par exemple à Ceilândia où, en 1971, en l'espace de huit mois, 80 000 personnes ont été relogées (la population y atteint 378 000 habitants en 2007), ou à Samambaia, édifiée en 1985 afin de développer l'activité économique dans les villes satellites. Ainsi, de 1960 à 1980, alors que la population prévue par le plan pilote était multipliée par quatre, celle de Taguatinga, la première ville satellite créée dans le district fédéral en 1958, l'était par huit. Cette dernière, qui dépasse 220 000 habitants en 2009, est reliée au centre par une ligne de métro sur plus de quarante kilomètres et trente-trois stations, soulignant l'énor […]
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