Nom donné par son fondateur à l'un des puissants courants réformateurs qui se sont manifestés depuis le début du xixe siècle au sein de l'hindouisme. De telles tendances ont toujours existé en Inde, notamment avec les prédications de Chaitanya et de Kabīr (xve s.), ou de Tukārām (xviie s.). Cependant, c'est après l'installation des Anglais dans le pays que le mouvement réformateur prit toute son ampleur, en particulier à la suite de l'activité des missionnaires protestants dont les hindous cultivés ressentirent profondément le défi : les accusations d'idolâtrie, voire de barbarie (notamment à propos des mariages d'enfants, des « suicides » forcés des veuves sur le bûcher crématoire de leur mari) formulées contre leur religion les affectèrent au point que certains tentèrent de réformer celle-ci en supprimant de telles coutumes.
Le premier à tenter cette réforme fut un brahmane bengali du nom de Rām Mohan Roy (1772-1833). Élevé pour devenir un fonctionnaire de la cour du Grand Moghol, Roy apprit plusieurs langues (dont le persan, l'anglais et l'arabe) ; fonctionnaire, il fit la connaissance de divers intellectuels i […]
