1. Les divinités
Le brahmanisme et l'hindouisme qui en est issu se caractérisent par la facilité avec laquelle ils assimilent les divinités et les croyances qu'ils rencontrent. Ainsi le brahmanisme, héritier du védisme, va conserver la plupart de ses divinités, en même temps qu'il adoptera, les assimilant à ses dieux, celles auxquelles rendaient un culte des groupes sinon autochtones, du moins installés antérieurement dans le pays. Ce mouvement d'absorption, commencé dès les temps védiques, continuera jusqu'à nos jours.
Les personnages divins demeurent innombrables, mais l'intérêt et les hommages se portent davantage sur quelques-uns ; on conserve le chiffre traditionnel de trente-trois. En fait le brahmanisme, comme le védisme, est hénothéique, c'est-à-dire qu'il s'adresse à un seul dieu considéré comme suprême, au moment où on l'honore ; il exalte à l'occasion telle ou telle divinité mineure à laquelle il a recours dans un but précis : cela d'autant plus aisément que la notion de brahman, forme impersonnelle de l'Absolu, s'inscrit en filigrane derrière chaque manifestation divine.
Parmi ces personnages divers, huit ressortent particulièrement et les textes ultérieurs continuent de les distinguer. Ces huit figures représentent les lokapāla, protecteurs de l'espace, chacun en rapport avec l'une des quatre directions cardinales ou des quatre intermédiaires. Certaines sont des forces naturelles personnifiées : Sūrya, le soleil ; Candra (ou Soma), la lune ; Vāyu, le vent ; Agni, le feu. Les autres offrent des caractères plus anthropomorphes : Yama, premier homme et dieu des morts ; Indra et Varuṇa, figures dominantes de la période précédente ; Kubera, dieu des richesses.
On voit s'estomper le personnage de Varuṇa. Dieu majeur en Iran, demeuré le Justicier des hymnes védiques, il devient ici simplement régent des eaux et, en particulier, de l'Océan ; bien des traits caractéristiques lui avaient déjà été ravis antérieurement par Indra qui reste le chef nominal des trente-trois dieux. […]
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