2. La dominance apicale
Si on décapite une plantule de pois, deux rameaux latéraux égaux ou subégaux croissent au niveau du nœud situé juste en dessous de la section. Si l'on enlève l'une des deux feuilles opposées, le bourgeon axillaire, privé de sa feuille axillante, croît plus vite que l'autre bourgeon. La feuille a donc un effet inhibiteur. Un résultat inverse peut être obtenu avec d'autres plantes ; la feuille a alors un effet stimulateur. Dans d'autres cas encore, l'ablation d'une feuille ne modifie pas la réponse.
Ces quelques observations révèlent la complexité des mécanismes régulateurs de la croissance.
• Les végétaux herbacés
Plusieurs théories se sont succédé pour expliquer la dominance apicale chez les végétaux herbacés.
La théorie trophique
Selon Goebbel (1900) et Loeb (1924), le bourgeon terminal détourne à son profit toutes les substances nutritives provenant des racines et des feuilles. L'absence de croissance des bourgeons axillaires ne serait que la conséquence d'une nutrition déficiente ; d'où la notion de vigueur. Comme l'indique Went (1944), plus une plante est vigoureuse, plus elle est ramifiée.
Chez le pois chiche (Cicer arietinum), l'entrée en croissance des bourgeons situés à l'aisselle des préfeuilles dépend de la richesse nutritive du milieu, comme l'ont montré Champagnat et son équipe : sur sable, la ramification à ce niveau est nulle ; sur terreau, elle est abondante.
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