Se manifestant par la consommation excessive, incessante et gloutonne d'aliments, la boulimie relève d'un mécanisme non pas organique mais psychique, contrairement à ce qui caractérise la polyphagie.
Dans la polyphagie, la consommation accrue d'aliments est due à une augmentation physiologique de l'appétit, déterminée par une dette énergétique ou une déperdition calorique anormalement importante : travail musculaire intense et prolongé, convalescence des maladies fébriles, certaines parasitoses, thyréotoxicose, diabète sucré... La polyphagie est étroitement dépendante du déséquilibre énergétique et cesse habituellement avec celui-ci.
Dans la boulimie, la consommation d'aliments succède à une sensation de manque que le sujet ressent avec plus ou moins d'anxiété et traduit comme étant de nature alimentaire. La sensation de manque qui aiguise anormalement la faim du boulimique provient généralement d'un besoin affectif non satisfait. Ce besoin, que l'ingestion d'aliments ne saurait précisément satisfaire, conduit à une suralimentation entraînant progressivement une obésité qui évolue selon ses propres lois physiologiques.
Jean-Pierre ABOULKER
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