Écrivain et chanteur-compositeur russe, Okoudjava est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes et de deux romans. La Cuiller (Bud' Zdorov školjar, 1961), roman autobiographique, est le journal d'un adolescent, soldat pendant la Seconde Guerre mondiale ; son antihéroïsme a soulevé des discussions animées. Pauvre Avrossimov (Glotok svobody, 1971) est consacré au décembriste Pestel ; Le Voyage des dilettantes (Putešestvie diletantov, 1976-1978) nous montre « un homme de trop » sous le règne de Nicolas Ier. Okoudjava est aussi l'auteur de scénarios, de pièces de théâtre et de récits autobiographiques (La Jeune Fille de mon rêve, 1988 Devuška moej mečty), mais il est surtout connu comme auteur-compositeur et interprète. Il chante, en s'accompagnant à la guitare, des poèmes sur Moscou, sur sa haine de la guerre, sur l'amour, la liberté. Ses chansons, pleines de tendresse, mais aussi de courage civique, et qui écartent l'habituel ton rhétorico-lyrique, ont fait, copiées et recopiées sur bandes magnétiques, le tour de l'U.R.S.S. Leur style nouveau en U.R.S.S. a fait naître toute une école de chanteurs que les Soviétiques ont appelés troubadours, ménestrels ou chansonniers, car ils y retrouvaient la manière des chanteurs-compositeurs français. On retiendra les noms de Vysotski (1938-1980), acteur de son métier, qui compose des chansons de truands et de camps, et celui du dramaturge Galitch (1919-1978) qui écrit des chansons sur les camps et des chansons satiriques sur le régime ; ces dernières lui ont valu la célébrité, l'exclusion de l'Union des écrivains et l'exil. Enregistrés et diffusés par des particuliers, en dehors des circuits officiels, ces chansonniers ont représenté la forme la plus vivante de la chanson sous le régime soviétique.
Alexis BERELOWITCH
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