3. Genèse du relief
Le relief des boucliers résulte d'une longue évolution, car ils représentent les masses continentales les plus anciennes du globe terrestre. Nombre de ces vicissitudes demeurent obscures en raison de la disparition quasi totale des éléments qui permettraient de les reconstituer.
• Élaboration des socles précambriens
La période la plus lointaine, et aussi la plus longue, correspond à l'élaboration des socles précambriens. Elle reste encore la moins connue. Son étude relève essentiellement de la géologie.
Ainsi les pétrographes ont mis en évidence la succession d'au moins quatre orogenèses antérieures à l'ère primaire. Accompagnées d'intenses phénomènes de granitisation et de métamorphisme, elles érigèrent de puissantes chaînes montagneuses, en partie comparables sans doute à celles du cycle alpin, simultanément réduites par l'érosion à l'état de surfaces d'aplanissement plus ou moins parfaites. On sait, par exemple, que la série sédimentaire de Vindya, au Dekkan, fossilise un relief différencié développé dans la série plissée aravallienne. Mais on ignore tout des conditions bioclimatiques qui ont présidé à l'élaboration de ces surfaces, faute de dépôts corrélatifs. La dernière d'entre elles, qui intéresse le géomorphologue, parce qu'il en subsiste parfois des vestiges exhumés dans le relief actuel des boucliers, est dite précambrienne, repérable localement en marge des témoins des couvertures primaires.
À la fin de la longue période antécambrienne, les boucliers offrent donc l'aspect de vastes plaines, à peine accidentées par des reliefs résiduels, offrant par endroits un caractère appalachien. Elles correspondent, alors, à une ultime surface d'aplanissement développée aux dépens de socles déjà indurés et usés jusqu'aux racines des orogènes successifs.
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