Le nom du poète lucquois Bonagiunta Orbicciani figure dans des actes officiels datés de 1242, de 1250 (il y est désigné comme « juge et notaire ») et de 1296. Il est déjà mort en 1300, date fictive que Dante assigne à son voyage d'outre-tombe (La Divine Comédie) au cours duquel il rencontre Bonagiunta au purgatoire parmi les gourmands. On le classe parmi les guittoniens, groupe de poètes qui, avec Guittone d'Arezzo, ont transposé dans la langue toscane la thématique et les modes stylistiques des Siciliens, eux-mêmes imitateurs de la poésie provençale. L'étude des œuvres de Bonagiunta, menée par Gianfranco Contini en particulier, le montre plus proche de l'école sicilienne que de Guittone. Dans un sonnet adressé à Guido Guinizelli (entre 1230 et 1276), initiateur d'un nouveau style poétique, Bonagiunta lui reproche son excès de subtilité et son obscurité philosophique.
Dante le cite, dans le De vulgari eloquentia, parmi les poètes qui n'ont pas su dépasser le cadre linguistique de leur cité et élaborer un langage poétique élevé. Aussi Dante lui confie-t-il le soin de tirer les conclusions de l'évolution de la poésie italienne : au cours du dialogue imagina […]
