3. Le marché mondial
Les échanges internationaux de blé portent aujourd'hui sur un peu plus de 110 millions de tonnes par an (113 Mt en 2004 et en 2005), ce qui représente 18 p. 100 de la production mondiale. Si le blé demeure de très loin la céréale la plus échangée sur les marchés internationaux, les volumes échangés, après s'être stabilisés au cours des années 1980 et 1990 – à la suite d'une très forte progression dans les années 1970 – repartent aujourd'hui à la hausse.
Les principaux pays importateurs de blé sont, à l'exception du Japon (importations de 5,5 Mt par an) et de l'Union européenne à 25 (7 Mt), qui est également exportatrice (15 Mt), des pays en développement souvent confrontés à des problèmes de solvabilité. Parmi eux viennent en tête les pays du sud et de l'est de la Méditerranée (Afrique du Nord et Proche-Orient), dont l'Égypte qui a importé plus de 7 Mt de blé en 2005-2006, et l'Algérie (5 Mt).
Face à une demande qui provient de plus de 150 pays, l'offre apparaît très concentrée économiquement et géographiquement : un petit groupe de cinq exportateurs (États-Unis, Canada, Argentine, Australie et Union européenne) réalise plus de 75 p. 100 des exportations mondiales. Loin de s'accorder entre eux, ils s'opposent vivement afin de conserver ou d'accroître leur part de marché, comme l'ont révélé les négociations commerciales internationales de l'Uruguay Round (1986-1993) menées dans le cadre du G.A.T.T. et les négociations en cours dans le cadre de l'O.M.C. Les réformes de la Politique agricole commune de 1992, puis de 1999, ont eu, entre autres, pour objectif d'abaisser le prix d'intervention ou prix minimal garanti sur le marché intérieur européen, afin de permettre des ventes sur le marché mondial sans « restitutions », c'est-à-dire sans aides à l'exportation.
Le marché mondial du blé a évolué de façon sensible depuis le début des années 2000 avec l'essor des apports de nouveaux pays exportateurs tels l'Inde et, surtout, les « pays de la mer Noire » (Kazakhstan, Russie, Ukraine). Avec la disparition de l'Union soviétique, ces derniers ont renoué avec leur vocation exportatrice d'a […]
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