« Blanc et Demilly », est une signature à jamais indissociable de l’histoire de la photographie. Blanc pour Théo, né à Lyon en 1891, commis aux écritures dans une soierie, avant de rejoindre le studio de photographie d’Édouard Bron dont il a épousé la fille Marcelle en 1918. Demilly pour Antoine dit Tony, né à Mâcon en 1892, qui entre comme apprenti au studio Bron en 1910 et épouse Adrienne, fille aînée de son patron en 1920. Blanc et Demilly donc, qui succèdent à leur beau-père en 1924 à la tête du studio situé 31, rue Grenette, à Lyon. Le Studio Blanc et Demilly devient le lieu à la mode où se précipite la bourgeoisie lyonnaise pour se faire portraiturer, et comptera jusqu’à une trentaine d’employés. Une parfaite complémentarité entre Blanc – qui maîtrise la technique – et Demilly – amateur de poésie doué d’un grand sens artistique – donne à leurs portraits un modelé et une modernité incomparables. Curieux, cultivés, conviviaux, ils se montrent à l’écoute des goûts de la clientèle et font preuve d’un dynamisme exceptionnel. Toujours au fait des dernières nouveautés, ils remplacent les lourds appareils à plaques 13 × 18 par le Leica, le Rolleiflex et les films 35 millimètres dès leur sortie sur le marché. En 1935, ils ouvrent un magasin-galerie au 10, rue du Président-Carnot pour exposer et vendre des tirages. Véritable lieu de discussion pour les amateurs de photographie, auxquels Blanc et Demilly prodiguent critiques et conseils, la galerie édite aussi un Bulletin d’informations photographiques mensuel (1938-1939), organise des sorties photo à thème et des concours jusqu’à sa fermeture en 1951. Amis de nombreux notables et artistes, Blanc et Demilly réalisent leurs portraits – Auguste Lumière, Édouard Herriot, Maurice Utrillo, Pablo Picasso... – et livrent régulièrement des chroniques sur la vie culturelle lyonnaise, couvrant les représentations théâtrales de Roger Planchon, les prix littéraires, et jusqu’aux fêtes religieuses...
Ce sont aussi leurs prises de vue des atmosphères et des lumières changeantes de
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