2. Origine
Tous ces produits dérivent de la matière organique, d'origine animale ou végétale, qui est incorporée dans le sédiment lors de son dépôt au fond des mers ou des lacs. Cette matière se transforme progressivement en un produit insoluble, de structure complexe, probablement polymérisée : le kérogène. Sous l'effet de l'enfouissement progressif des couches, et en particulier grâce à l'augmentation de température qui en résulte, une partie du kérogène se transforme en hydrocarbures, résines et asphaltènes. Une partie de ces produits est expulsée, sous l'effet de la compaction des sédiments, vers des roches poreuses (grès, calcaires) où ils s'accumulent pour former, selon leur composition, des gisements de pétrole ou certains types de grès et calcaires asphaltiques. Ces derniers résultent généralement de l'altération d'un pétrole normal et fluide en produits lourds et visqueux, au voisinage de la surface, sous l'action des eaux météoriques chargées d'oxygène qui s'infiltrent dans le réservoir. L'évaporation des produits légers, le lessivage des composés solubles dans l'eau, la biodégradation par les bactéries et l'oxydation sont les principaux responsables de cette transformation.
Les hydrocarbures, résines et asphaltènes qui n'ont pas été expulsés hors du sédiment où ils se sont formés constituent les bitumes disséminés. Dans un bassin pétrolifère, leur masse totale est souvent très supérieure à la masse totale du pétrole accumulé en gisements. Enfin, le kérogène restant peut constituer, s'il est assez abondant (de 10 à 50 p. 100 en poids rapporté à la roche), un schiste bitumineux, c'est-à-dire un matériau capable de donner des bitumes par pyrogénation.
Les gisements de cires minérales, en particulier d'ozocérite, semblent dériver des pétroles paraffiniques, par filtration et remplissage des fissures ou géodes des roches.
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