4. Arts et archéologie
La Birmanie est un des pôles de l'Asie du Sud-Est, mais son rôle est parfois sous-estimé. C'est particulièrement vrai pour son art qui, à Pagan par exemple, rivalise avec ceux d'Angkor ou de Java, et fut l'expression la plus achevée de la tradition bouddhique des Thera. Dans ses riches plaines fluviales – les monts qui les encerclent ont surtout été infestés de tribus guerrières toujours tentées de les envahir –, elle a nourri deux grands ensembles, d'abord rivaux, mais qui finiront par se fondre au xie siècle en une nation birmane. Les Pyu, installés bien avant notre ère dans la vallée de l'Irrawaddy, de Tagaung à Prome, et aussi en Arakan, constituent l'échelon avancé des peuples de langues tibéto-birmanes. Les Mōn, au long du Sittang et de la Salouen, jusqu'à Mergui et Tavoy, forment l'aile occidentale du peuple dominant dans le bassin du Ménam, leurs cousins germains, les Khmers, peuplant à l'est la vallée du Mékong.
• Les Pyu et les Mōn
Les cités pyu
Les fouilles ont révélé que les Pyu furent de puissants bâtisseurs, comme l'attestent les cités de Halin, de Beikthano et de Śrī Kṣetra (Prome, près de la moderne Thayekhittaya). Beikthano, fondée dès le iie siècle avant J.-C., avec une massive enceinte en brique aux portes fortifiées, couvre quelque neuf kilomètres carrés. On y a retrouvé une multitude d'urnes en terre cuite renfermant les cendres des morts, souvent groupées dans de véritables columbariums : vastes halles au sol en brique portant des piliers en bois. Vers le ive siècle de notre ère apparaissent des édifices en brique, correspondant à des stūpa imitant ceux de l'Andhra, notamment celui de Nāgārjunakoṇḍa, et les premières inscriptions en alphabet indien. Halin offre le même type de vestiges à la même époque ; on y voit ensuite se multiplier les traces de l'indianisation : inscriptions, puis fragments de sculpture bouddhique ou brahmanique. Mais c'est Śrī Kṣetra qui permet de mieux suivre ce nouveau processus.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 42 pages…



