À la mondialisation de la recherche et de l'économie, répond aujourd'hui une prise de conscience de la dimension nécessairement mondiale des enjeux éthiques et sociaux du progrès scientifique et technologique. Cette prise de conscience est particulièrement forte en ce qui concerne la biologie et la génétique : leurs avancées sont en passe de transformer notre vie quotidienne et la société a besoin de repères pour pouvoir se situer face à elles. C'est à ce besoin que s'est efforcé de répondre l'U.N.E.S.C.O. en adoptant, le 11 novembre 1997, par consensus, une Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme. Premier instrument du genre, cette déclaration marque l'engagement politique et moral de la communauté internationale à faire respecter, dans le domaine de la génétique humaine, des principes éthiques inspirés de ceux qui ont servi de base à la création des Nations unies.
Dans son ouvrage Le Métier des autres, Primo Levi souligne que « chaque année qui passe nous confirme que les mécanismes de la vie ne font exception ni aux lois de la physique ni à celles de la chimie, mais c'est pour élargir un peu plus le fossé qui nous sépare d'une compréhension ultime des phénomènes vitaux [...] car à chaque problème résolu, il en surgit des dizaines de nouveaux, et le processus ne semble pas près de finir ».
En effet, le mouvement irrésistible, né des aspirations profondes de la société, a trouvé un écho, d'abord dans la constitution spontanée de comités d'éthique, autour de professionnels de la santé et de militants des droits de l'homme, puis dans le travail législatif accompli par les Parlements de nombreux pays. À cet égard, la France a été à l'avant-garde, avec la création du Comité national d'éthique et le vote des lois éthiques de 1994 et 2004.
Mais l'avancée des innovations scientifiques et leurs retombées sur les comportements individuels ont bousculé ce que les textes législatifs avaient de provisoire. De nouveaux champs de réflexion se sont ouverts, qui annoncent de prochaines avancées en matière de bioéthique.
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