Deux évolutions se font peu à peu jour dans le domaine de la bioéthique : d'une part, la tentation récente d'une malléabilité de l'humain qui lui fait perdre son caractère inviolable, d'autre part l'attente d'une bioéthique universelle, espérée par une médecine confrontée à des situations humaines qui n'ont pas lieu d'être différentes d'un continent à l'autre.
La première tentation, induite par la science médicale contemporaine, explique la perte des repères habituels d'un corps inviolable, non modifiable, non commercialisable, respectable dans tous ses états du début à la fin de sa vie. Si ces repères s'effondrent, si le début de la vie n'est qu'un tas de cellules indistinctes, si la fin de la vie n'est qu'une indignité programmée, si nos gènes et nos organes sont la seule réalité signifiante, nous changeons radicalement de culture et tout devient possible. La transgression devient si banale qu'elle en élargit sans cesse son espace.
Le souhait d'un universel bioéthique repose sur le concept que « la dignité de l'homme appartient à son humanité même » (Comité national consultatif d'éthique, 1991). L'idée d'une bioéthique « à géométrie variable » selon les cultures, les pays, les ressources, les religions, etc., est source évidente de malaise. Peu à peu se profile l'idée que les standards de la recherche, du consentement n'ont pas à être différents d'un continent à l'autre. Les différences doivent seulement résider dans le moyen de faire respecter ces impératifs (respect des langues vernaculaires, des interdits culturels, etc.).
C'est à la lumière de ces évolutions que nous apparaissent aujourd'hui, comme autant d'enjeux, les questions posées par la bioéthique.
1. Le « statut » de l'embryon et du fœtus
Comme si du droit allait dépendre le regard posé sur eux, cette question du statut de l'embryon et du fœtus humain finit par être obsédante. Certes tout à changé, les techniques d'assistance à la procréation dans les cas d'infertilité se sont étendues aux situations de protection […]
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