3. Une approche équilibrée
Le préambule de la déclaration est intéressant en ce qu'il en précise les buts et la base juridique. Il rappelle ainsi les idéaux impartis à l'U.N.E.S.C.O. par son Acte constitutif de 1946 : en particulier « l'idéal démocratique de dignité, d'égalité et de respect de la personne humaine » et le rejet du « dogme de l'inégalité des races et des hommes ».
Mais c'est surtout par la référence aux grands textes des Nations unies sur les droits de l'homme – en premier lieu, la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 – que transparaît l'inspiration du texte. Celle-ci est clairement universaliste, même si, par ailleurs, il est de façon répétée pris acte de la diversité génétique humaine. Cette diversité, précise le préambule, ne saurait cependant « donner lieu à aucune interprétation d'ordre social ou politique de nature à remettre en cause la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables ». Ce qui rappelle l'engagement de l'U.N.E.S.C.O. dans la lutte contre le racisme (voir la Déclaration du 27 novembre 1978 sur la race et les préjugés raciaux).
Bien qu'elle mentionne le génome humain dans son intitulé, la déclaration elle-même n'en donne pas de définition afin d'éviter de donner un contenu juridique trop étroit à une notion qui a, dans ce contexte, une portée multiforme. Il est « patrimoine de l'humanité » « en un sens symbolique », indique la déclaration (article premier), soulignant par là la valeur qui s'attache à la notion même d'humanité.
En effet, la finalité du texte n'est pas de protéger le génome humain en tant que tel. Ce qui n'aurait d'ailleurs pas grand sens, étant donné l'instabilité naturelle des gènes régulièrement affectés par des mutations, comme le relève la déclaration. Le but de celle-ci est de fonder les droits et libertés de l'individu, dans les différentes situations induites par les progrès de la génétique, et d'affirmer dans le même temps les responsabilités incombant aux cherch […]
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