1. De la diversité du vivant au concept de biodiversité
Que la vie se manifeste sous des formes très diverses est un fait bien connu, et de longue date. Quand ils peignaient des bisons, des lions, des sangliers ou des antilopes, les hommes des cavernes témoignaient déjà, entre autres, de leur connaissance d'un monde vivant diversifié. Depuis lors, les naturalistes, paléontologues, systématiciens, puis écologues et généticiens n'ont cessé de faire état de la diversité du vivant, c'est-à-dire de la richesse des espèces vivantes et disparues, de la variabilité génétique au sein des populations d'une même espèce, de la diversité des fonctions écologiques qu'elles assument et des écosystèmes qu'elles constituent.
Ainsi, apparue il y a 3,8 milliards d'années dans les eaux de la planète Terre, sous forme de molécules puis de protocellules capables de s'autorépliquer, la vie n'a cessé de se diversifier tout en se transformant. Quand de nouvelles espèces naissaient, d'autres disparaissaient : comme les individus qui les constituent, les espèces sont mortelles, mais leur durée de vie se compte, en moyenne, en millions d'années.
Aujourd'hui, la Terre héberge plus d'une dizaine de millions d'espèces – les estimations varient entre 10 et 30 millions – mais seulement 1,7 million sont connues, c'est-à-dire décrites et nommées. Connues, c'est trop dire en effet : pour l'écrasante majorité d'entre elles, on ignore à peu près tout de leur biologie, de leurs caractéristiques fonctionnelles, de leur rôle dans l'écosystème planétaire, de leurs utilisations possibles par l'homme.
À la source de cette profusion d'espèces, on trouve une omniprésente variabilité génétique, la prodigieuse capacité de multiplication des êtres vivants et la mécanique implacable de la sélection naturelle. À l'analyse apparaît tout d'abord un ordre taxonomique, qui traduit l'organisation phylogénétique de la diversité du vivant ; ensuite, un ordre écologique exprime l'organisation fonctionnelle de cette diversité. Le premier résulte du processus de sp […]
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